La semaine de 4 jours : réalisable ou simple fantasme ? 

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Est-ce que la semaine de 4 jours, ça marche ?

Travailler 32h et être payé pour 35h : anomalie ou avant-gardisme ?

Existe-t-il des entreprises qui ont réussi avec ce modèle d’organisation du travail ?

Pourquoi cette semaine de 4 jours peut-elle faire peur ?


Dans ce décryptage, nous allons répondre à toutes ces questions ! 

Comment fonctionne la semaine de 4 jours ?

Est-ce que vraiment nous n’avons pas le choix que de passer 40 ans de notre vie dans un bureau, pour faire des tâches que nous n’aimons pas, jusqu’à l’âge de la retraite ? 

Faut-il vraiment atteindre jusqu’à 65-70 ans pour pouvoir finalement faire ce que l’on aime ?

Comme son nom l’indique, la semaine de 4 jours inclut la possibilité aux employés de prendre un jour de repos supplémentaire par semaine, sans réduction de salaire. 

Certaines entreprises choisissent simplement de réduire les heures de travail hebdomadaires de 35 heures à 28 heures par semaine. 

D’autres préfèrent allonger la journée de travail en donnant aux salariés la possibilité de travailler 8 à 9 heures par jour. 

D’autres décident de répartir la charge de travail par heure tout au long de l’année. Par exemple, ils choisissent 6 mois 39 heures et 6 mois 31 heures.

Quelle que soit la méthode choisie, le principe de travailler 4 jours par semaine est de permettre aux salariés de prendre un jour de congé sans réduire leur salaire.

Ce modèle suscite de plus en plus l’intérêt des employeurs et des acteurs des politiques publiques.

Rien qu’en France, de plus en plus d’entreprises parient sur cette nouvelle affectation du temps de travail.

Pourquoi la semaine de quatre jours séduit-elle l’Europe ?

Et si je vous disais qu’en travaillant moins, nous pouvons gagner autant. 

Travailler moins et gagner autant, c’est l’équation qui est en train de résoudre l’Islande.

Durant 4 ans, environ 2500 salariés, soit plus d’un pour 1% de la population active, a vu sa semaine de travail réduite à 4 jours. Les analyses de l’expérience montrent qu’il n’y a pas de perte de productivité et que les employés sont beaucoup moins stressés. 

Mené entre 2015 et 2019, le test a permis de réduire la semaine de travail. À environ 35 h, contre 40 auparavant, et ce sans perte de salaire, les travailleurs estiment que leur bien-être a considérablement augmenté depuis la fin de l’expérience.

Il y a 2 ans, 86% de l’ensemble de la population active islandaise a des horaires plus courts ou peut négocier pour le faire. 

Un certain nombre d’autres essais sont en cours en Europe, y compris en Espagne. En mars 2021, le gouvernement a annoncé qu’il allait lancer des expériences de semaine de travail à 4 jours, soit 32h hebdomadaires au lieu des 40h actuelles. Le projet devrait concerner environ 6000 salariés répartis dans 200 entreprises volontaires.

De la Nouvelle-Zélande à l’Allemagne. L’idée ne cesse de faire son chemin à travers le monde, saluée par ses partisans comme un moyen :

d’accroître la productivité ;
• d’améliorer la santé mentale des travailleurs ;
• de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle ;
• de lutter contre le changement climatique. 

La mise en place de la semaine de 4 jours a pris une nouvelle importance avec la crise sanitaire, les questions relatives au bien-être et au temps passé au travail se faisant de plus en plus pressantes. 

Semaine de 4 jours : entre avantages et inconvénients

En mettant en place la semaine de 4 jours, est-ce que les entreprises s’y retrouvent ?

Ce nouveau modèle encore marginal possède ses défenseurs, mais aussi ses détracteurs…

Augmentation de la productivité, amélioration de la qualité de vie au travail, réduction des dépenses, impact positif sur l’environnement et l’écologie… Voici 5 avantages de passer à la semaine de 4 jours en entreprise.

Une augmentation de la productivité

Avec les exemples cités plus haut, les chiffres le montrent bien, les entreprises ayant adopté ce modèle sont plus productives. Cela s’explique par le fait que ces organisations ont dû instaurer une nouvelle façon de travailler. Les salariés, conscients d’avoir moins de jours de travail, vont être beaucoup plus concentrés et plus autonomes dans leurs différentes tâches.
Parmi ces changements, la mise en place d’outils collaboratifs et la diminution du nombre de réunions font partie des plus marquants. 

Une diminution du stress

Les employés peuvent trouver un meilleur équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle. Plus de temps pour se reposer, pour faire du sport, passer du temps en famille, etc.
Ce qui améliore par conséquent directement la qualité de vie au travail (QVT).

Un engagement plus fort des collaborateurs

Avec ce nouveau système d’organisation du travail, les salariés se sentant plus considérés, plus heureux, vont vouloir rester plus de temps au sein de leur organisation et se projeter sur le long terme. L’instauration de la semaine de 4 jours peut également être un argument de poids de la marque employeur pour attirer les meilleurs candidats.

Une diminution de l’absentéisme

Véritable fléau dans le monde du travail, ce phénomène est à prendre en compte quand on sait que le stress est un des premiers facteurs de l’absentéisme. Avec beaucoup plus d’agilité dans la gestion de leur semaine de travail et de leur emploi du temps, les collaborateurs travaillant moins seront beaucoup plus détendus et les arrêts de travail seront diminués.

Une réduction de l’empreinte carbone

Travailler moins permet de réduire drastiquement son empreinte carbone et ses émissions de gaz à effet de serre. Moins de transport, moins de papier, moins de consommation d’électricité… Tout cela fait de la semaine de 4 jours un facteur écologique non négligeable.

À lire : Qu’est-ce qu’une entreprise durable ?

Il existe bien d’autres avantages comme profiter de la polyvalence des salariés qui pendant leur temps vont s’investir davantage des projets et développer des compétences qu’ils pourront mettre en œuvre dans leur entreprise. Il peut y avoir également l’organisation des espaces de travail en flex office comme les salariés ne travaillent plus tous les jours de la semaine ainsi que la création indirecte d’emplois. Nous y reviendrons plus tard.

Et les inconvénients dans tout ça ?

Face à autant d’avantages, pourquoi les entreprises françaises n’installent-elles pas ce modèle ? 

Quelques entreprises françaises ont sauté le pas comme IT partner, Yprema, Love radius ou LDLC entre autres. Mais cela reste quand même vu comme une organisation du travail jugée inadaptée pour la majorité des dirigeants.

Pourquoi ?

Principalement, car les dirigeants préfèrent conserver leurs habitudes quand d’autres y voient un parcours du combattant impossible à relever.

Il est vrai que de passer à la semaine de 4 jours ne se fait pas en un claquement de doigts, un temps d’adaptation sera nécessaire. Il faudra mettre en place les bons outils, les bonnes procédures et les bonnes démarches.

Deuxièmes freins, notre culture du présentéisme. De nombreux salariés déclarent faire des journées à rallonge seulement pour se faire bien voir de leurs supérieurs hiérarchiques. Avec comme pratique nationale, la réunion. Multiplier ces dernières sans aucune décision prise à la fin, n’a aucune utilité. 

Comme pour tous les changements, un accompagnement des dirigeants et des collaborateurs sera inévitable pour leur donner toutes les chances de réussir et passer outre ces blocages pour installer une semaine de 4 jours en entreprise.

La semaine de 4 jours en dehors de l’Europe

La semaine de 4 jours est un concept dont on entend souvent parler, souvent cantonné à des cas particuliers, des start-ups, des entreprises avec un fort potentiel d’innovation, des organisations avec une culture particulière, etc. 

Bref, on a toujours une explication pour dire : « Oui, ça s’applique à eux, mais pas à nous« . 

Le cas Microsoft au Japon

Il est intéressant de remettre ce sujet sur la table, car il y a une énorme entreprise qui a testé la semaine de 4 jours et qui a publié une partie de ses résultats de cette expérimentation, cette entreprise c’est Microsoft Japon. 

Oui, Microsoft est assez loin de la taille d’une start-up. 

Microsoft, pour l’intégralité de sa filiale au Japon, a décidé de mener une expérimentation sur le passage à la semaine de 4 jours. Et le Japon n’est certainement pas connu pour être l’écosystème le plus simple pour expérimenter la réduction du temps de travail. 

Pour rappel, dans la culture japonaise, mourir au travail est un honneur, donc le géant international n’a pas choisi le terrain le plus simple pour cette expérimentation. 

L’entreprise a publié une partie de ses résultats et figurez-vous qu’ils ont gagné 39% de productivité en plus et des salariés satisfaits à 92%.  

Côté environnement et écologie, c’est 23% d’électricité et 60% de papier en moins pendant toute la durée de l’expérimentation. 

Le cas Perpetual Guardian en Nouvelle-Zélande

En 2018, Perpetual Guardian, une société de sécurité néo-zélandaise, a clairement adopté une semaine de travail de quatre jours.

Andrew Barnes, PDG de Perpetual Guardian, est parti d’un constat simple : ses employés subissaient un stress permanent pour trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Par conséquent, l‘entrepreneur a décidé de réduire les jours de travail à quatre jours ouvrables par semaine, tout en maintenant les salaires inchangés.

Les résultats de cette expérience sont instructifs : sur un échantillon de 240 salariés, l’efficacité hebdomadaire du travail reste la même, ce qui signifie que l’efficacité horaire du travail est plus élevée. 
Le niveau de stress est passé de 45 % à 38 %, et l’équilibre travail-vie personnelle est passé de 54% à 78%.

Et en France ? 

« J’ai la conviction que sur 4 jours on est dans de meilleures conditions qu’en travaillant 5 jours. Cela permet à chacun de prendre les rendez-vous qu’on n’arrive jamais à caler, de faire des courses, du sport ou des tâches du quotidien. »

Laurent de la Clergerie, président fondateur du Groupe LDLC

La semaine de 4 jours est présentée comme une révolution du travail et a le vent en poupe.

Pourtant, dès 1996, la loi de Robien proposait déjà en France la semaine de 35h répartie sur 4 jours avec une réduction de 10% des charges sociales.

Une loi établie pour permettre aux entreprises d’oser passer le cap.

Récemment, LDLC entreprise de vente de matériel informatique, a fait passer tous ses collaborateurs à la semaine de travail de 4 jours début 2021

Laurent de la Clergerie, Président Fondateur du Groupe LDLC revient sur l’instauration de la semaine de 4 jours dans son entreprise sans perte de salaire.

Il explique pourquoi tous les patrons devraient s’y mettre.

« La semaine de 4 jours, on l’a tous vécu, on l’a vit tous les ans tous à chaque fois qu’il y a un pont dans la semaine, c’est une semaine qu’on n’a pas vu passer. On est reposé et on aimerait avoir que des semaines comme ça et on se le dit tous, quel que soit le poste qu’on a quand on passe une semaine de 4 jours. » 

Mais travailler 4 jours au lieu de 5, est-ce économiquement viable ?  

« Si je vous donne un chiffre qui peut montrer qu’effectivement la productivité est là, sur l’année qui vient de passer, on a fait 47% de croissance. En un an, on est à 5 ou 6 emplois créés. 

Quand j’imagine le modèle de façon plus large, 4 jours, ça libère un jour par personne, un jour où les gens vont devoir s’occuper et je suis sûr qu’il y a une quantité d’emplois indirects qui serait énorme si demain de plus en plus de sociétés passaient à la semaine de 4 jours. 

Parce que les gens se mettraient à faire du sport, à faire des loisirs, aller faire leurs courses à des heures où aujourd’hui il n’y a pas forcément grand monde dans les magasins. On aurait besoin de plus de monde. Je pense que, par ricochet, c’est une mesure qui crée de l’emploi, il ne faut pas penser en question d’heures, il faut vraiment poser sur la façon dont vont vivre les gens à travers 4 jours. 

Il y a beaucoup de patrons qui m’ont contacté quand on l’a annoncé. Dans un premier temps, c’était, on va observer. Maintenant, il y a d’autres patrons qui me contactent en me disant qu’ils ont besoin d’encore plus de recul, mais c’est intéressant, depuis quelques jours j’ai des patrons qui me contactent en me disant, est-ce que tu peux m’envoyer l’accord que vous avez signé ? Est-ce qu’on peut se rencontrer pour en parler parce que je commence à y réfléchir. On commence donc à inspirer.  C’est ce que j’essaie de faire en fait, je ne suis pas en mode, c’est la solution, passez-y, mais en tout cas réfléchissez à cette solution parce qu’elle fonctionne très très bien chez nous. »

Laurent de la Clergerie, président fondateur du Groupe LDLC

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