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Parfois, nous cherchons des réponses dans des formations théoriques ou des consultants externes. Pourtant, la ressource la plus puissante de votre organisation est peut-être juste à côté de vous : l’intelligence de vos pairs.
Le codéveloppement professionnel (ou CoDev) n’est pas une réunion ordinaire de partage d’idées. Il s’agit d’une méthode collaborative : des groupes de pairs se rassemblent pour discuter de leurs pratiques professionnelles, mettre en commun leurs expertises et trouver collectivement des solutions.
En misant sur l’entraide et le partage d’expériences et grâce à l’intelligence collective, les participants trouvent des solutions à des problèmes spécifiques et améliorent leurs pratiques professionnelles.
Dans cet article, nous allons explorer :
- La définition précise et les origines du codéveloppement.
- Le déroulement concret d’une séance en 6 étapes clés.
- Pourquoi cette pratique est devenue indispensable pour les entreprises agiles.
Qu’est-ce que le codéveloppement (CoDev) ?
Le codéveloppement est une méthode d’apprentissage par l’action qui réunit un groupe de pairs pour résoudre des problématiques concrètes. À travers un processus structuré en 6 étapes et encadré par un facilitateur, chaque participant apprend des expériences des autres pour améliorer sa propre pratique professionnelle.
Né au Québec dans les années 90, le CoDev a été théorisé par Adrien Payette et Claude Champagne. Leur constat était simple : la formation traditionnelle (top-down) ne suffit plus à résoudre les problèmes complexes du terrain.
Ils ont donc conçu une approche fondée sur l’action learning (l’apprentissage par l’action). L’idée n’est plus d’accumuler du savoir théorique, mais de réfléchir sur sa propre pratique professionnelle en s’appuyant sur le regard des autres.
Au sein d’un groupe de codéveloppement, l’approche est pratique : l’objectif n’est pas d’assister à une formation théorique, mais de collaborer sur des problématiques concrètes, actuelles et/ou urgentes.
Les 3 piliers du CoDev : le client, les consultants, le facilitateur
Une séance de codéveloppement repose sur une dynamique triangulaire où chaque rôle est précisément défini pour garantir l’efficacité du processus :
- Le client : c’est le membre du groupe qui apporte une problématique, un projet ou une préoccupation réelle. Il l’expose, reçoit du feedback et repart avec un plan d’action concret.
- Les consultants : ce sont les autres membres du groupe. Leur rôle est de mettre leur expérience, leur écoute et leur créativité au service du client. Ils apprennent autant qu’ils donnent en se projetant dans la situation exposée.
- Le facilitateur : véritable gardien du cadre, il ne prend pas part au contenu mais veille au respect de la méthode, de la gestion du temps et du climat de bienveillance. C’est lui qui permet au groupe de rester focus et constructif.

Quelles sont les étapes du codéveloppement ?
Une séance de co-développement et de partage entre pairs repose sur le respect rigoureux d’un processus en six étapes.
Voici comment transformer une problématique en plan d’action en moins de deux heures.
1. L’exposé
Tout commence par la problématique du « client ». Il expose sa situation sans interruption. L’enjeu ici n’est pas de tout dire, mais de transmettre les faits, le contexte et, surtout, le ressenti. Les “consultants” écoutent activement, sans intervenir.
2. La clarification
C’est l’étape la plus cruciale et souvent la plus difficile. Les “consultants” posent des questions pour comprendre, et non pour juger ou suggérer. L’objectif est de lever les zones d’ombre et d’aider le client à prendre de la hauteur.
💡 Le conseil d’expert FlexJob : une question qui appelle un « oui » ou un « non » ferme la réflexion. Pour ouvrir le champ des possibles, essayez d’utiliser des questions ouvertes commençant par « comment », « quoi », ou « en quoi ».
3. La reformulation
Une fois la situation clarifiée, le client formule sa demande précise au groupe. Il peut s’agir de demander des idées créatives, un partage d’expériences similaires ou une aide à la prise de décision.
4. La consultation
C’est ici que l’intelligence collective opère. Le “client” écoute et prend des notes tandis que les « consultants » échangent librement. Ils partagent leurs intuitions, leurs expériences passées (« dans une situation similaire, j’ai fait ceci… ») et leurs suggestions. Cette phase libère une richesse de perspectives que le “client” n’aurait jamais pu générer seul.
💡 Le conseil d’expert FlexJob : on pratique souvent ce que l’on appelle le « pop-corn ». Cette approche permet une collecte d’informations rapide et dynamique, évitant ainsi la redondance des contenus.

5. La synthèse et le plan d’action
Le “client” reprend la parole. Il fait le tri parmi tout ce qui a été dit et exprime ce qu’il retient. Il ne s’agit pas de tout garder, mais de choisir les pistes qui résonnent avec sa réalité. La séance se conclut par la formulation d’un plan d’action immédiat : quelles sont les trois prochaines étapes concrètes qu’il va mettre en œuvre ?
6. Le feedback
La méthode du codéveloppement se conclut par un temps de feedback collectif. Les participants partagent leur ressenti sur la session écoulée et les principaux enseignements qu’ils en retirent.
Dans un groupe de codéveloppement, les rôles de « client » (celui qui expose une problématique) et de « consultant » (celui qui apporte son aide) s’alternent au fil des rencontres. Chacun est ainsi amené à aider ou à être aidé, développant sa capacité à donner et à recevoir du soutien. En effet, chaque session est une source d’apprentissages, tant au niveau individuel que collectif.
Comment animer un groupe de co-développement ? (Le rôle du facilitateur)
La facilitation est une des pierres angulaires dans la mécanique d’animation d’une séance de codéveloppement. Son rôle consiste à garantir la bonne application de la méthode (la forme) afin de mobiliser l’intelligence collective du groupe, sans intervenir sur le contenu (le fond).

Garantir le cadre de sécurité et de bienveillance
Le succès d’une session de codéveloppement repose avant tout sur l’établissement d’un climat de confiance, dont le facilitateur est le garant.
Ce dernier est responsable de l’instauration et du maintien des règles fondamentales suivantes :
- la confidentialité : tout échange au sein du groupe doit y rester. C’est la condition sine qua non pour que les participants osent partager leurs difficultés réelles.
- le non-jugement : le facilitateur doit veiller à ce que les remarques et questions restent constructives, intervenant immédiatement en cas de propos critiques ou dévalorisants.
- l’authenticité : il encourage l’expression personnelle, invitant chacun à parler en utilisant le « je”.
Gérer le temps et la distribution de la parole
Sans une gestion rigoureuse du temps (le time-keeping), le groupe risque de s’enliser dans l’étape 2 (clarification) et de bâcler la phase de consultation.
Le facilitateur joue ici un rôle de chef d’orchestre :
- Il répartit équitablement la parole pour éviter que les « profils extravertis » ne monopolisent les échanges.
- Il canalise les digressions pour ramener le groupe au contrat initial.
- Il rythme les transitions entre les 6 étapes pour maintenir une énergie haute.

Pourquoi la neutralité de l’animateur est-elle indispensable ?
C’est ici que réside la subtilité du rôle : dans sa posture, le facilitateur doit être neutre et externe au contenu.
Sa neutralité permet au groupe de s’approprier le problème. C’est pour cette raison que chez FlexJob, nous recommandons souvent de faire appel à un facilitateur externe ou formé spécifiquement. C’est ce regard « neuf » et objectif qui offre au groupe de pairs la plus grande liberté de réflexion.
Le codéveloppement selon FlexJob : notre formation
Dans un monde du travail en constante mutation, la performance durable ne repose plus sur la somme des expertises individuelles, mais sur la capacité d’une organisation à apprendre d’elle-même.
C’est ici que le codéveloppement s’impose comme une « arme secrète » des organisations apprenantes.
Avec un accent particulier sur la phase de clarification, que nous appelons chez FlexJob “l’art de questionner”.
Ce qu’apporte le codéveloppement de notre point de vue :
- Faire grandir en maturité un groupe pour travailler en collectif
- Apprendre les uns des autres afin d’améliorer ses pratiques
- Générer des solutions praticables à des enjeux du moment
- Créer de la transversalité et développer le pouvoir d’agir, la responsabilisation
FlexJob propose ainsi un programme de formation sur-mesure au processus et à la posture de facilitateur en codéveloppement, fondé sur l’expérimentation et l’apprentissage par les pairs.
Notre formation propose un parcours immersif dédié à l’expérimentation directe du processus et des variantes comme le « Fast CoDev ». Le second jour se concentre sur la posture de l’animateur et la maîtrise de l’écoute active, avec un focus majeur sur « l’Art de Questionner » lors de la phase de clarification.