Comment améliorer la qualité de vie au travail des employés ?

La Qualité de Vie au Travail : un enjeu clé en entreprise

L’arrivée de la QVT dans la vie de l’entreprise

La crise vécue par les salariés d’entreprises comme Orange ou Renault les dernières années associée à l’arrivée d’une nouvelle génération sur le marché du travail a eu plusieurs conséquences.

Pour rappeler les faits, il y a eu une prise de conscience de l’opinion publique sur la nécessité de mettre en place un cadre de travail favorable au développement personnel. Cela a fait suite à la vague de suicide qui a frappé les entreprises précédemment citées. Des salariés qui en viennent à s’ôter la vie sur leur lieu de travail, cela porte un message fort. Ces suicides sont symptomatiques d’une pression inhumaine vécue au quotidien, d’un management par la pression sur des objectifs irréalisables. Le pire étant que dans ce cadre, ne pas atteindre ces objectifs est souvent synonyme de licenciement ou que cette menace n’est jamais loin. On peut même parler de management par la peur !

De telles conditions de travail ne sont bien évidemment pas normales. Tragiquement, ces vagues de suicides ont permis de médiatiser un sujet et l’opinion publique a pu s’en emparer. Des voix se sont libérées et la réalité de nombreuses entreprises a été exposée. Dans le même temps, la marque employeur des entreprises est devenue une clé du recrutement et de la fidélisation des talents. Aujourd’hui, 89% des employés ne se sentent pas engagés dans leur travail, principalement à cause du cadre dans lequel ils évoluent. Personne ne sort donc gagnant de cette situation : le coût du désengagement des salariés en entreprises est ainsi estimé par Mozart Consulting et le Groupe APICIL à plus de 12 000€ par an et par salarié !

Quel est le coût du désengagement au travail ?

 

Une prise de conscience collective des bienfaits d’une QVT positive

Par conséquent, de plus en plus d’entreprises se sont mises à se préoccuper du bien-être de leurs salariés, certaines par inquiétude pour leur image et d’autres par conviction profonde et par réel souci de proposer à leurs salariés des cadres dans lesquels l’épanouissement est une norme. Finalement, la raison réelle de faire ce choix de s’engager pour améliorer la vie interne des entreprises importe peu tant que les mesures mises en place sont des mesures coconstruites en interne et répondant à de réelles problématiques ou besoins que rencontrent les salariés. Pour l’entreprise, cela devient aussi un levier de performance en permettant d’attirer des talents, de les fidéliser et de gagner en productivité au quotidien. Aujourd’hui, quand l’on évoque ce sujet, on en revient presque à trouver que c’est du bon sens de permettre à ses salariés un cadre favorable au développement personnel. Et tant mieux ! C’est le signe d’une évolution progressive des mentalités.

 

De plus en plus d’initiatives qui témoignent de cette prise de conscience de l’importance de la QVT

Ces derniers jours, nous avons pu assister à la publication du classement 2018 des entreprises où il fait bon travailler, le classement des « Great Place to Work ». Bien que discutable (voir l’excellent témoignage de Jean-Baptiste Lainé ici) ; le fait qu’un marché se soit créé autour du cadre de travail dans lequel les salariés évoluent est un signal plutôt positif. Si les entreprises sont prêtes à engager des moyens financiers et des hommes pour figurer en bonne place dans les classements de ce genre, elles sont très certainement disposées à investir en interne pour réellement améliorer les conditions de travail et le bien-être de leurs employés.

Aussi, de nouveaux métiers sont même apparus autour de ce sujet de la qualité de vie au travail et du bien-être des salariés. Un des exemples les plus médiatisés est le métier de Chief Happiness Officer. Dans sa définition la plus large, le CHO (le « chef » du bonheur au travail) désigne la personne qui est chargée de s’assurer que le cadre de travail dans lequel évoluent les salariés favorise leur bien-être et leur permet d’atteindre un équilibre de vie professionnel et personnel. Des salariés bien dans leur travail sont in fine des salariés plus productifs !

Point important à avoir à l’esprit : nommer un CHO, figurer dans des classements d’entreprises où il fait bon travailler n’est pas la garantie d’avoir un cadre propice à l’épanouissement personnel des salariés.

 

Quels sont les facteurs clés de succès d’une démarche QVT ?

Pour qu’une démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail soit un succès, il faut prendre en compte l’avis de tous dans l’entreprise et coconstruire les évolutions du cadre de travail. Il n’existe pas de « boîte à outils » magique permettant de transformer un environnement de travail instantanément.

Pour améliorer durablement la qualité de vie au travail dans une entreprise, il est nécessaire d’impliquer durablement les salariés dans les démarches de transformation. Ces derniers doivent pouvoir exprimer leurs attentes. Cela est aussi un moyen de s’assurer que lors du déploiement de changements ayant pour objectif d’améliorer la qualité de vie au travail les salariés en retirent bien les bénéfices attendus.

Pour reprendre l'exemple du paragraphe précédent, nommer un CHO pour nommer un CHO est inutile. Il faut que cela réponde à une problématique réelle et que ce dernier ait les moyens de mener à bien sa mission. Aussi, il doit pouvoir bénéficier d'une réelle autonomie pour trouver des solutions.

L’amélioration de la qualité de vie au travail passe aussi par : des espaces de travail coconstruits et répondant aux usages des collaborateurs, un management responsabilisant et bienveillant, les pistes sont multiples !

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Nous ne sommes qu’au début du chemin …

Cependant, récemment encore, le reportage de Cash Investigation intitulé « Travail, ton univers impitoyable » dénonçant des pratiques managériales inhumaines nous montre bien qu’il reste encore énormément de chemin à accomplir et que nous sommes uniquement aux prémices d’une prise de conscience collective. Un tel changement n’est pas immédiat et il faudra sûrement attendre des années avant que le travail en tant que synonyme d’épanouissement devienne une si ce n’est LA norme.

 

 

 

 

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