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Holacratie : une nouvelle vision managériale


Que révolutionne l'holacratie dans le monde du travail ?

Du terme anglais holacracy, il s’agit, par définition, d’une vision organique des organisations humaines dans lesquelles chaque collaborateur est à la fois autonome et indépendant de la structure qu’il fait fonctionner.
Zoom sur l’holacratie : un nouveau système d’organisation.

Qu’est-ce que l’holacratie ?

 

Pour rendre le concept d’holacratie plus concret, il est important de s’intéresser à sa mise en place sur l’opérationnel d’une entreprise.

Opérationnellement, l’holacratie permet de disséminer les processus de prise de décisions au travers de plusieurs petites équipes auto-organisées et indépendantes.

Adoptée depuis de nombreuses années outre-Atlantique et dans la majorité des pays anglophones, l’holacratie se développe en Europe et tout particulièrement en France.

L’holacratie fête ses 50 ans !

 

Le terme d’holacratie que nous connaissons aujourd’hui est directement dérivé du terme d’holarchie, un mot inventé par Arthur Koestler et publié pour la première fois dans son ouvrage The Ghost in the Machine, en 1967.

Dans son livre, Koestler met en avant un tout nouveau concept : l’holarchie composée de holons.

En grec, holons peut signifier le « tout » qui conceptualise de petites entités autonomes et indépendantes reliées à une entité supérieure.

On peut facilement comprendre le concept en prenant pour exemple le corps humain.
Les cellules de notre corps fonctionnent de façon autonome et indépendante, mais elles contribuent ensemble au bon fonctionnement de notre organisme.

C’est ensuite, en 2001, que Brian Robertson développe le système d’holacratie au sein de sa propre entreprise de production de logiciels avec un seul objectif : mettre au point une organisation beaucoup plus agile.

Il faudra attendre 10 ans et une parution dans le journal Wall Street pour que Robertson théorise son approche et publie les principes fondamentaux de sa démarche dans l’ouvrage Holocracy Constitution.

Ce nouveau management horizontal bouleverse complètement le management traditionnel et pyramidal vieillissant.

Les salariés ont désormais le pouvoir de décision et constituent des équipes auto-managées et indépendantes.

Comment fonctionne un entreprise holacratique ?
Holacratie : l’interdépendance des services de l’organisation

Holacratie : une nouvelle ère managériale ?

 

Avant l’avènement du principe d’holacratie, les entreprises rencontraient de plus en plus de difficultés sur plusieurs axes :

  • La bureaucratie qui entraîne une centralisation des décisions
  • Les processus administratifs flous et complexes
  • La difficulté de passer à l’action rapidement et efficacement
  • La peur du changement, etc.

Toutes ces difficultés s’observaient et s’observent encore dans de nombreuses organisations, de toutes tailles et dans tous les secteurs d’activité.

Selon Bernard Marie Chiquet, spécialiste français de l’holacratie, ces difficultés sont tout simplement un héritage et la conséquence naturelle de l’organisation du travail pratiquée selon le modèle managérial de Taylor : une distinction entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent.

Comment expliquer facilement l'holacratie ?
Extrait de la BD de Bernard Marie Chiquet et Etienne Appert. © IGI Partners

La théorie de l’holacratie vient complétement renverser ce modèle taylorien qui, aujourd’hui en 2017, est considéré comme désuet et déjà révolu dans certains secteurs économiques.

Mais comment ?

Placer l’humain en avant avec l’holacratie

 

Dans un système holacratique, chaque entreprise se définit comme une raison d’être. C’est le premier fondement.

Chaque collaborateur de l’organisation va adhérer à cette raison d’être en apportant ses compétences professionnelles, personnelles et surtout sa motivation.

Comme dans toutes entreprises, chaque collaborateur va endosser une fonction, « un rôle » bien précis qui sera amené à évoluer en fonction des besoins et des projets.

Les organisations humaines vont se structurer en plusieurs « cercles » tous interdépendants les uns des autres avec des objectifs propres à chacun.

Chaque cercle est « redevable » des autres : on peut parler d’organisation constitutionnelle.

Holacratie : « je fais, donc je décide ! »

 

L’holacratie n’est pas un énième outil managérial.

C’est une véritable nouvelle façon d’organiser son entreprise et ses activités.

Si l’organisation en question fait encore preuve de difficultés (comme celles précédemment citées), le système holacratique ne pourra pas fonctionner.

  • Révolution numérique,
  • Méthodes de travail agiles et flexibles,
  • Lean management,
  • Organisation apprenante,
  • Management horizontal, etc.

Pour mettre en place un système holacratique efficace et motivant, il faut avoir envie de changer les choses, de remettre en cause toute l’activité pyramidale de l’organisation.

Concrètement, il en vient au final à se dire dans un système holacratique : « je fais, donc je décide ! »

Ce système peut apporter rapidement aux organisations :

  • Le bénéfice du savoir de tous les collaborateurs de l’entreprise,
  • De fonctionner en toute transparence,
  • D’accroître considérablement la motivation des collaborateurs.

Quelques exemples d’entreprises holacratiques en France

 

Danone, Castorama, Décathlon… Les plus grands groupes français ont déjà été séduits par l’holacratie.

Mais pas que !

Les PME ont aussi la possibilité de bouleverser leur organisation en faisant le pari de l’holacratie.

C’est le cas de Scarabée BioCoop, une PME du secteur de l’alimentation biologique (5 magasins, 3 restaurants, un laboratoire, un service traiteur) qui a adopté, il y a aujourd’hui 2 ans, le système holacratique.

https://www.youtube.com/watch?v=mI7QdCu8xAk

« Je trouvais notre organisation obsolète, en terme d’échanges d’informations, de processus de décisions concernant les produits, les clients, ou les salariés… Chaque ouverture de magasin compliquait encore un peu plus les choses. Et puis, nous voyions quelques managers en place se comporter comme des “chefaillons”, n’expliquant plus le sens de leur travail à leur équipe. Le pouvoir pour le pouvoir. Par ailleurs, j’avais toujours rêvé de trouver un système d’organisation qui soit fluide, remettant l’homme au centre de l’organisation. Lors d’un séminaire en novembre dernier, réunissant la plupart des cadres de l’entreprise, j’ai demandé aux participants s’ils seraient d’accord pour se diriger vers l’holacratie. Ce fut un “oui” général. Et c’est ainsi que le 12 février 2015 a sonné la dernière prise de pouvoir de notre directoire, pour installer l’holacratie. Tout est donc allé très vite, en à peine quatre mois ! »

L’interview complet d’Isabelle Baur, présidente du directoire de Scarabée BioCoop est à lire ici !

Supprimer la gouvernance, les pyramides hiérarchiques, donner de l’importance à tous les collaborateurs, les engager, les motiver, les rendre heureux… Voilà ce qu’apporte l’holacratie !

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